La méthode
Un site d'élu est une vitrine publique. On l'a regardé comme le ferait n'importe quel visiteur, avec les textes que ces élus votent ou font appliquer.
1. Qui
Les 922 parlementaires en exercice au 3 novembre 2026 (574 députés, 348 sénateurs). Les listes officielles étant périmées, chaque élu a fait l'objet d'au moins deux recherches web ; chaque site trouvé hors des listes a été vérifié par un second examinateur (homonymes, domaines rachetés, sites de parti écartés). Résultat : 340 élus avec au moins un site personnel en ligne.
2. Comment
Chaque site a été ouvert trois fois par un navigateur réel, dans un profil vierge et sans aucun clic : le 3 novembre (Brave), dans la nuit du 3 au 4 novembre (Brave, avec le signal GPC de refus du suivi), puis le 4 novembre (Chrome, sans ce signal, défilement de la page, clic ciblé sur « Refuser » puis rechargement). On relève les cookies, les requêtes, la bannière et ses boutons. Les pages de mentions légales et de confidentialité sont relevées et lues ; l'hébergeur est identifié par le réseau du serveur ou par les en-têtes de sa plateforme.
Ne sont affichés que les faits établis, datés, avec leur navigateur :
- Mouchards : un cookie de mesure d'audience ou de publicité (Google Analytics, Brevo, Meta, Clarity…) présent avant tout choix. Charger un script, une police ou une vidéo ne suffit pas. Matomo et Jetpack restent à part : leur exemption dépend de réglages invisibles de l'extérieur, on ne les compte ni comme fautifs, ni comme exemptés.
- Refus ignoré : dans Chrome, le clic sur le bouton de refus est ciblé, le bandeau se ferme, puis au rechargement un cookie de mesure est réécrit et une nouvelle mesure reçoit une réponse du serveur.
- Pas de « Refuser » : vérifié sur la capture du premier écran, bannière par bannière.
- Aucun choix proposé : des cookies de mesure sont posés et, dans un Chrome ordinaire (identité standard, sans signal GPC), aucune bannière ne s'affiche après 10 secondes et défilement de la page ; chaque capture a été lue à l'œil. Une bannière n'est pas obligatoire en soi : elle le devient dès qu'un traceur non indispensable est utilisé, puisqu'il faut alors un consentement préalable.
- Mentions ou politique introuvables : aucune page trouvée, ni par les liens du site, ni aux adresses habituelles, sur les trois passages. Un élément « introuvable » (directeur de la publication, hébergeur, téléphone, droits, réclamation, durée, base légale) n'apparaît dans aucune des pages légales relevées, dont la liste est donnée sur chaque fiche.
- Hébergement : on indique la société qui exploite le réseau ou la plateforme du serveur, pas un lieu de stockage, qui ne se prouve pas de l'extérieur. « Hébergeur déclaré ≠ constaté » n'est retenu que si les deux sociétés sont clairement identifiées.
Deux revues indépendantes ont repris chaque affirmation sur la preuve brute, avec renvoi vers le fichier et la ligne : celles qui ne tenaient pas ont été retirées. Les textes d'analyse rédigés le 3 novembre ne sont pas publiés lorsqu'ils n'ont pas pu être confirmés.
3. Les textes
- LCEN (loi du 21 juin 2004), art. 1-1 et 1-2 : identification de l'éditeur, du directeur de la publication et de l'hébergeur.
- RGPD : art. 13 (information), art. 32 et 33 (sécurité, violations), art. 44 et suivants (transferts hors UE).
- Loi Informatique et Libertés, art. 82, et lignes directrices et recommandation de la CNIL sur les cookies et traceurs.
4. Le verdict
- 🦠 Vérolé (4) : code ou contenu injecté dans le site, ou liens vers un domaine repris par un tiers.
- 💩 À chier (149) : au moins une infraction établie — cookies de mesure avant tout choix, mesure relancée après un refus, mentions légales introuvables, formulaire sans politique de confidentialité, formulaire sans chiffrement.
- 😬 Bof (179) : pas d'infraction établie, mais des manques (éléments introuvables dans les pages légales, pas de « Refuser » au premier écran, hébergeur non nommé ou différent, chiffrement non imposé…).
- 👌 Ça passe (3) : des détails.
- ✨ Nickel (3) : rien à redire, après revérification des corrections signalées.
- 💀 Dead (2) : site déclaré mais fermé au public. Pas de note : on ne juge pas un site qu'on n'a pas pu voir.
5. Les limites
- Ce sont des observations des 3 et 4 novembre 2026, sur des parcours précis : un site a pu changer depuis, et un autre navigateur ou un autre réglage peut afficher autre chose. Dites-le nous, on revérifie.
- Aucun formulaire n'a été envoyé ; les pages internes non liées depuis l'accueil n'ont pas toutes été parcourues.
- Derrière un CDN (Cloudflare…), l'hébergeur d'origine reste masqué : on ne l'invente pas. Une adresse IP peut varier d'un relevé à l'autre.
- Être servi par une société étrangère n'est pas illégal. On le signale parce que la souveraineté numérique se prêche beaucoup, et se pratique peu.
- Un site piraté est d'abord victime. Mais un élu qui vote sur la cybersécurité devrait savoir que son site n'est pas maintenu.
6. Corrections et droit de réponse
Écrivez à contact@christopheboutry.com. Chaque demande est revérifiée avec la même méthode ; les fiches corrigées le signalent. Droit de réponse : LCEN, art. 1-1 III.